Le certificat PEB wallon change en profondeur. À partir du 1er septembre 2026, il ne se contentera plus de décrire l’état énergétique de votre logement : il vous indiquera, étape par étape, le chemin à suivre pour atteindre le Label A. Voici tout ce qui change, expliqué simplement.
Une date à retenir : le 1er septembre 2026
À cette date entre en vigueur une nouvelle version du certificat PEB pour les bâtiments résidentiels existants en Wallonie. La nouveauté majeure : l’intégration d’un parcours de rénovation automatisé directement dans le certificat.
Rassurez-vous tout de suite sur un point essentiel : la méthode de calcul de la situation existante reste inchangée. Le label de votre logement sera calculé exactement comme aujourd’hui. Ce qui évolue, c’est tout ce qui est ajouté autour : les recommandations, leur présentation et la richesse des informations fournies.
En une phrase : le certificat PEB passe d’une logique purement descriptive (« voici votre label ») à une logique prescriptive (« voici comment atteindre le Label A »).
Le grand changement : le parcours de rénovation
C’est le cœur de la réforme. Chaque nouveau certificat intégrera désormais une feuille de route de rénovation, générée automatiquement par le logiciel. Son but :
- Identifier les travaux nécessaires pour viser le Label A décarboné ;
- Regrouper les travaux qui vont logiquement ensemble ;
- Les hiérarchiser par priorité et les phaser dans le temps ;
- Donner une estimation indicative des coûts de chaque étape.
Ce parcours est établi automatiquement et n’a aucune influence sur le label calculé de votre bien. Il devient un outil précieux pour les futurs acquéreurs, les banques, les organismes d’aides ou les auditeurs, en offrant une première vision claire des travaux à envisager.
L’objectif : le Label A, mais pas seulement
Le parcours considère l’objectif atteint lorsque trois conditions sont réunies simultanément :
- Le Label A est atteint ;
- Le logement dispose d’un système de ventilation ;
- Il n’y a plus aucun recours aux énergies fossiles pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire.
On parle donc d’un Label A décarboné : un logement performant, sainement ventilé et libéré des combustibles fossiles.
Comment le parcours est construit
Le logiciel suit une logique en quatre temps :
- Étape 1 — Situation existante : si les trois critères sont déjà remplis, aucune recommandation n’est nécessaire.
- Étape 2 — L’enveloppe : analyse des parois (murs, toitures, planchers, fenêtres) et amélioration des plus déperditives en priorité.
- Étape 3 — Ventilation et systèmes : mise à niveau de la ventilation et remplacement des installations fonctionnant aux énergies fossiles.
- Étape 4 — Renouvelable et optimisations : ajout de panneaux photovoltaïques et derniers ajustements pour décrocher le Label A.
Un certificat entièrement repensé
Le document PDF que vous recevez est refondu en profondeur. Il s’organise désormais en cinq parties :
| Partie | Contenu |
|---|---|
| 1. Évaluation énergétique | Informations administratives et situation existante au jour de la visite (label, consommations, émissions de CO₂). |
| 2. Parcours de rénovation | L’échelle de performance, le tableau des étapes de travaux, leur impact sur le label et leur coût estimé. |
| 3. Comprendre les indicateurs | Les notions clés expliquées : volume protégé, surface chauffée, consommation d’énergie primaire, label. |
| 4. Annexe technique | La partie la plus détaillée : situation actuelle de chaque paroi et système, et recommandations vers le Label A. |
| 5. Explications complémentaires | L’objectif Label A, l’énergie primaire, les preuves, les estimations budgétaires et l’intérêt de l’audit logement. |
De nouveaux indicateurs sur la première page
La page d’évaluation se modernise avec plusieurs nouveautés de présentation :
- Un double label : le label réel de votre logement et le label sans l’apport des panneaux photovoltaïques, pour mieux distinguer la performance du bâti lui-même.
- Le pourcentage d’énergie renouvelable produite sur place.
- L’impact environnemental mis en avant : les émissions de CO₂ totales et opérationnelles du logement.
Appartements et copropriétés : des règles particulières
Tous les logements ne peuvent pas être traités de la même façon. Lorsque des installations sont collectives (chauffage commun, eau chaude, photovoltaïque de l’immeuble) ou soumises aux règles de copropriété, le parcours de rénovation est limité à l’enveloppe du logement.
- Pour les appartements, aucune recommandation n’est faite sur le chauffage, l’eau chaude ou le photovoltaïque, et aucune estimation budgétaire n’est fournie : l’idée est d’encourager une rénovation de l’immeuble dans son ensemble.
- L’atteinte du Label A décarboné reste alors indéterminée, et le certificat l’indique clairement par des visuels adaptés.
- Pour un parcours réellement personnalisé sur ces biens, le recours à un auditeur logement est recommandé.
Certificat PEB ou audit logement : quelle différence ?
Le parcours du certificat donne une première vision des travaux. Pour aller plus loin, l’audit logement reste l’outil de référence. Voici comment ils se complètent :
| Certificat PEB | Audit logement | |
|---|---|---|
| Nature | Procédure simplifiée et automatisée | Étude détaillée et personnalisée |
| Public | Surtout les futurs acquéreurs | Surtout les propriétaires |
| Apport | Première vision des travaux et des coûts | Affinage, cas complexes, accès aux aides financières |
Plus de fiabilité, plus de preuves
La réforme renforce nettement l’exigence de preuves justificatives. Concrètement, un élément avantageux pour le logement (une isolation, un châssis performant…) ne pourra plus être pris en compte sans preuve acceptable. Bonne nouvelle pour vous : un simple constat visuel du certificateur, photo à l’appui, constitue une preuve valable.
- Les preuves sont visibles directement dans l’annexe technique du certificat.
- La durée de conservation légale des documents passera prochainement de 3 à 10 ans.
- Un fichier des preuves (nettoyé des données personnelles, RGPD oblige) pourra vous être remis en tant que propriétaire : utile pour une future recertification ou le futur passeport bâtiment.
Quelques nouveautés administratives
Plusieurs informations deviennent obligatoires ou évoluent sur le certificat :
- Les coordonnées du propriétaire sont désormais obligatoires (et non plus celles du demandeur).
- La référence cadastrale (CAPAKEY ou identifiant de parcelle) doit être renseignée.
- Une image du volume protégé du logement est requise, idéalement une représentation 3D intégrée au PDF.
- Pour les certificateurs personnes physiques, l’adresse est retirée du certificat pour protéger les données.
Ce que cela change concrètement pour vous
Que vous soyez vendeur, bailleur ou acquéreur, ce nouveau certificat est une excellente nouvelle. Il vous offre une feuille de route claire pour valoriser votre bien, anticiper les travaux et budgétiser sereinement votre projet de rénovation. Pour un acheteur, c’est aussi un outil de décision : il sait, dès la visite, ce qu’impliquerait la mise du logement au Label A.
Le déroulement reste simple de votre côté : la visite et la procédure ne s’alourdissent pas. Le travail supplémentaire est principalement assuré par votre certificateur lors de l’encodage et de la collecte des preuves.
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À titre indicatif : cet article s’appuie sur les informations de la formation continue relative au nouveau certificat (entrée en vigueur au 1er septembre 2026). Référez-vous toujours aux textes officiels et au protocole en vigueur au moment de la certification.