Les primes rénovation en Wallonie tournent une page importante. Le régime temporaire des primes Habitation s’arrête le 30 septembre 2026 et, dès le 1er octobre 2026, la Région bascule vers un système entièrement repensé : le Rénopack et le Rénoprêt. Moins de primes « à la pièce », davantage de prêts à taux zéro, et un fil conducteur clair : le label PEB de votre logement. Voici ce qui change, pour qui, et comment vous y préparer.
L’essentiel en 30 secondes
- 30 septembre 2026 : dernier jour pour introduire une demande de prime Habitation (audit ou travaux), facture finale comprise.
- 1er octobre 2026 : entrée en vigueur du nouveau régime, qui remplace plus de 120 dispositifs de primes.
- Le soutien vise désormais les logements classés PEB E, F ou G, à condition de réaliser un vrai « saut de label ».
- Deux outils : le Rénopack (prêt à 0 % avec une partie du montant non remboursée) et le Rénoprêt (prêt à taux zéro ou préférentiel).
- Un audit énergétique préalable reste obligatoire et le plafond passe à 75 000 € pour une maison.
Pourquoi la Wallonie réforme ses primes à la rénovation
Le système des primes Habitation avait fini par montrer ses limites. Il reposait sur une mosaïque de plus de 120 aides différentes, calculées poste par poste, avec des délais de traitement devenus très longs : selon la Région, au 1er septembre 2026, l’administration traitait encore des demandes de primes « travaux » introduites à partir de juin 2024. Ce modèle a aussi entraîné d’importants dépassements budgétaires.
Le Gouvernement wallon a donc choisi de réorienter l’argent public vers ce qui a le plus d’impact : sortir les logements les plus énergivores de la catégorie des « passoires énergétiques ». Les grandes lignes ont été approuvées le 16 juillet 2026, puis le régime a été définitivement adopté fin septembre, pour une entrée en vigueur au 1er octobre 2026.
Fin des primes Habitation : ce qu’implique la date du 30 septembre 2026
Le régime temporaire 2025-2026, en vigueur depuis le 14 février 2025, prend fin le 30 septembre 2026. Les textes officiels sont clairs : toute demande de prime (audit ou travaux), y compris la facture finale, doit être introduite au plus tard le 30 septembre 2026, et les travaux doivent être réalisés pour cette même date.
Les dossiers déjà introduits dans les délais continuent d’être traités selon les règles en vigueur au moment de leur dépôt. Pour tout nouveau projet, c’est désormais le nouveau régime qui s’applique.
Nouveau régime : priorité aux logements PEB E, F et G
C’est le cœur de la réforme. L’aide régionale se concentre sur les habitations dont la performance énergétique est la plus faible, et elle est conditionnée à une amélioration mesurable du label PEB après travaux :
| Label PEB actuel | Objectif minimum après travaux | Seuil à atteindre |
|---|---|---|
| G ou F | Label D | ≤ 340 kWh/m².an |
| E | Label C | ≤ 255 kWh/m².an |
Autrement dit, remplacer une fenêtre ou un radiateur isolément ne suffira plus : le projet doit faire franchir au logement une vraie marche sur l’échelle PEB. C’est précisément ce que les professionnels appellent un « saut de label ».
Comment connaître le label PEB de votre logement ?
Le certificat PEB vous donne une première photographie fiable de la performance énergétique de votre habitation, de A++ à G. C’est souvent le point de départ le plus simple pour savoir si votre bien entre dans le champ du nouveau régime. Et depuis septembre 2026, le certificat lui-même a évolué : il propose désormais un véritable parcours de rénovation vers le label A.
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Rénopack et Rénoprêt : deux outils de financement
Le nouveau système ne repose plus sur des primes versées après les travaux, mais sur des prêts avantageux, dont une partie peut ne pas devoir être remboursée selon vos revenus. Le financement est calculé globalement, sur l’ensemble du projet, et non plus travail par travail.
Le Rénopack : prêt à 0 % et réduction du montant à rembourser
Le Rénopack s’adresse aux ménages des catégories de revenus C1, C2 et C3. Il s’agit d’un prêt à taux zéro assorti d’une réduction du capital à rembourser : c’est cette réduction qui joue, en pratique, le rôle de la « prime ». Pour y avoir accès, il faut être titulaire d’un droit réel sur le logement et l’occuper (ou s’engager à l’occuper dans les 24 mois).
Le Rénoprêt : taux zéro ou préférentiel
Le Rénoprêt concerne les ménages de la catégorie C4, les propriétaires-bailleurs et les associations de copropriétaires. Son taux, nul ou préférentiel, dépend du type de travaux, du profil du demandeur et de ses revenus. Un taux zéro est notamment prévu pour l’adaptation d’un logement à une situation de handicap et pour la remise en état après une catastrophe naturelle.
| Catégorie | Revenus de référence du ménage | Outil | Avantage |
|---|---|---|---|
| C1 | jusqu’à 28 900 € | Rénopack | 0 % + 50 % non remboursés |
| C2 | de 28 900 € à 41 100 € | Rénopack | 0 % + 40 % non remboursés |
| C3 | de 41 100 € à 67 100 € | Rénopack | 0 % + 15 % non remboursés |
| C4 | de 67 100 € à 122 800 € | Rénoprêt | Taux zéro ou préférentiel |
Seuils communiqués par le Gouvernement wallon. Les propriétaires-bailleurs et les copropriétés relèvent du Rénoprêt.
Quels montants maximums ?
Les plafonds de financement sont revus à la hausse pour les maisons :
- Maison unifamiliale : jusqu’à 75 000 € (contre 60 000 € auparavant) ;
- Appartement (parties privatives) : jusqu’à 60 000 € ;
- Parties communes d’une copropriété : 60 000 € par logement, avec un plafond global de 600 000 € (moins de 20 lots) ou 750 000 € (20 lots et plus).
Concrètement, pour un ménage C1 qui emprunte 60 000 € via le Rénopack, la moitié du montant ne serait pas à rembourser : l’effort réel porte sur 30 000 €, sans intérêts. C’est un changement de logique important : l’aide intervient au moment des travaux, sans avance de fonds, plutôt que des mois (voire des années) après.

L’audit énergétique préalable, porte d’entrée obligatoire
Aucun financement sans audit préalable. Réalisé par un auditeur logement agréé, il établit le label PEB du logement, identifie les travaux nécessaires (performance énergétique, mais aussi sécurité et salubrité) et permet de vérifier que le projet atteint bien le saut de label exigé. Deux précisions utiles :
- l’audit doit avoir été réalisé ou actualisé moins d’un an avant la demande ;
- son coût peut être intégré au financement.
Certificat PEB ou audit logement : ne pas confondre
Le certificat PEB et l’audit logement utilisent la même méthode de calcul, mais ne répondent pas au même besoin. Le certificat est obligatoire lors d’une vente ou d’une location et décrit l’état du bien. L’audit, lui, sert à construire un projet de rénovation et à accéder aux aides. Nous détaillons cette différence dans notre article sur le nouveau certificat PEB 2026, et vous trouverez aussi dans quels cas un certificat PEB est obligatoire.

Un accompagnement en trois niveaux
Pour éviter que les ménages se perdent dans les démarches, la Wallonie met en place des guichets uniques à partir d’octobre 2026, avec trois niveaux d’accompagnement :
- Information et conseil : comprendre les aides et les étapes ;
- Accompagnement personnalisé : préparer le projet et le dossier ;
- Suivi approfondi : un appui proche de la gestion de projet, jusqu’à la fin des travaux.
Le dispositif sera déployé progressivement ; à partir de janvier 2028, c’est l’Agence wallonne de l’Habitation qui en assurera le pilotage. Point important à garder en tête : le budget est désormais une enveloppe annuelle fermée. Les projets bien préparés auront donc tout intérêt à ne pas traîner.
Ancien et nouveau régime : ce qui change concrètement
| Primes Habitation (jusqu’au 30/09/2026) | Rénopack / Rénoprêt (dès le 01/10/2026) | |
|---|---|---|
| Forme de l’aide | Primes versées après travaux | Prêts à 0 % ou préférentiels, avec réduction selon les revenus |
| Calcul | Poste par poste | Global, sur l’ensemble du projet |
| Logements visés | Large éventail de logements | Labels PEB E, F et G, avec saut de label |
| Plafond (maison) | 60 000 € | 75 000 € |
| Audit préalable | Requis pour la plupart des travaux | Obligatoire, finançable, datant de moins d’un an |
Nos conseils pour préparer votre projet de rénovation
- Connaissez votre point de départ. Sans label PEB, impossible de savoir si votre logement est concerné. Si vous n’avez pas de certificat récent, c’est la première démarche à faire.
- Pensez « projet global ». Le financement récompense les rénovations cohérentes : toiture, murs, menuiseries, ventilation et chauffage doivent être réfléchis ensemble.
- Vérifiez votre catégorie de revenus. Elle détermine l’outil (Rénopack ou Rénoprêt) et l’importance de la réduction.
- Faites réaliser l’audit au bon moment. Il doit dater de moins d’un an lors de la demande : inutile de le commander trop tôt si le projet n’est pas mûr.
- Rapprochez-vous des organismes compétents : les guichets uniques mis en place par la Région, ainsi que la Société wallonne du Crédit social et le Fonds du Logement de Wallonie, acteurs historiques des prêts Rénopack et Rénoprêt.
Questions fréquentes sur les primes rénovation en Wallonie
Les primes Habitation existent-elles encore après le 1er octobre 2026 ?
Non, pour les nouvelles demandes. Le régime temporaire s’achève le 30 septembre 2026. Après cette date, le soutien régional passe par le Rénopack et le Rénoprêt. Les dossiers complets introduits à temps restent traités selon l’ancien régime.
Mon logement est classé D : puis-je bénéficier du nouveau régime ?
Le nouveau dispositif cible les logements classés E, F et G. Un logement déjà classé D ou mieux n’est, en principe, pas visé par ces aides régionales à la rénovation énergétique.
Le certificat PEB suffit-il pour obtenir un Rénopack ?
Non. Le certificat PEB permet de connaître le label de votre bien, mais l’accès au financement passe par un audit énergétique préalable, réalisé ou actualisé moins d’un an avant la demande.
Les propriétaires-bailleurs sont-ils concernés ?
Oui. Les propriétaires qui louent leur bien peuvent recourir au Rénoprêt, tout comme les associations de copropriétaires pour les parties communes.
Quel est le montant maximum finançable ?
Jusqu’à 75 000 € pour une maison unifamiliale et 60 000 € pour les parties privatives d’un appartement. Pour les parties communes d’une copropriété, 60 000 € par logement, avec un plafond global de 600 000 € ou 750 000 € selon le nombre de lots.
À lire aussi
Quel est le label PEB de votre logement ?
C’est la première question à se poser avant tout projet de rénovation. Nos certificateurs agréés interviennent partout en Wallonie et à Bruxelles.
Sources officielles
- Cabinet de la Ministre wallonne du Logement – Soutien à la rénovation : un nouveau régime entrera en vigueur au 1er octobre
- Wallonie.be – Rénovation énergétique : les grandes lignes du futur régime de soutien
- Wallonie.be – Obtenir une prime pour son habitation (régime du 14 février 2025)
- L’Énergie en Wallonie (SPW) – Prime pour son habitation
- SPW Logement – Brochure « Les primes Habitation, régime de soutien temporaire »
Article mis à jour le 29 septembre 2026, sur la base des informations publiées par le Gouvernement wallon et le Service public de Wallonie. Les modalités précises (taux, durées, conditions détaillées) sont fixées par les textes réglementaires et par les organismes prêteurs : vérifiez toujours votre situation auprès d’eux avant de vous engager.